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Sexisme
et spécisme |
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La littérature enfantine, et
surtout les contes, ne fait pas exception à cette règle, et bien que
l’on ait longtemps cru à leur universalité, tant ils font partie de
notre histoire et de celle de nos enfants, presque tous les critiques
qui ont étudié l’émergence de cette littérature en Europe
s’accordent à reconnaître que les auteurs ont assimilé un matériel
traditionnel (le conte oral) en l’adaptant au contexte social dans
lequel ils évoluaient, aux mœurs, pratiques et valeurs de leur époque,
et ce pour amener les enfants à s’intégrer dans les codes sociaux en
vigueur.
Le conte de fée est un discours
institutionnalisé à part entière qui inclut, parmi ses composantes,
la manipulation. Des contes de Perrault, de Grimm et d’Andersen aux
grandes productions de Walt Disney, reflet de l’industrie culturelle
contemporaine, il est aisé de reconnaître la volonté sous-jacente des
auteurs d’imposer au lecteur (téléspectateurs) des modèles à
vivre, des manières de penser, et de les amener, sans qu’ils s’en
aperçoivent, à considérer les valeurs admises par la majorité comme
intrinsèquement bonnes pour eux-mêmes et pour les autres, et tout ce
qui s’y oppose comme contraire au bien général.
De nombreux contes illustrent ce
changement de perspective, pour ne citer qu’eux, pensons à
Cendrillon, obéissante et effacée, dont la beauté et l’humilité
exemplaire lui valent d’être remarquée par le Prince et d’être épousée.
Ou à Blanche-Neige, recueillie par les nains à la seule condition
qu’elle devienne leur bonne à tout faire, jusqu’à ce que le Prince
paraisse et la récompense de sa discrétion et de sa serviabilité par
les épousailles. L’analyse des contes littéraires et de leur évolution au fil des réécritures révèle, outre des éléments sexistes, une modification des relations qu’entretiennent les humains avec les animaux.
Qu'il s'agisse de justifier la chasse, comme dans le Petit chaperon rouge, ou la consommation de viande, dans le Petit poucet de Perrault, rien n'est laissé au hasard. Les contes littéraires prennent en charge la délicate mission d'amener l'enfant, empreint de bienveillance à l'égard des animaux et dont il se sent proche à beaucoup d'égards, à réaliser et à accepter l'utilisation et l'exploitation que l'homme en fait. Nous avons étudié ces évolutions à travers deux contes classiques (Petit chaperon rouge et Petit poucet), en procédant à une comparaison minutieuse de leurs différentes versions. En outre, nous avons entrepris la réécriture de très nombreux contes, afin de fournir de nouvelles versions, épurées de toute discrimination relative au sexe ou à l'espèce (Sommaire des contes réécrits). Bibliographie
principale
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