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Frédé
et le grand Sot |
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C’est l’histoire d’un homme qui s’appelle Frédé, et qui vit avec son frère, surnommé le grand Sot. Un matin, Frédé dit à son frère: Aussi, dès que son frère est parti, le grand Sot enfile son manteau et ses bottes et se rend à l’étable, où se trouvent deux vaches et leurs veaux nouveaux-nés, qui tètent le lait de leur mère . Vers midi, Frédé rentra chez lui. Frédé ne dit rien de plus, mais il n’en pense pas moins: «Si c’est comme çà que se présentent les choses avec le
Sot, il va falloir y avoir l’œil et se montrer prudent». Or, il s’était économisé une jolie petite somme de bons écus, qu’il avait fait changer en or, et précautionneusement, il les montra au
grand Sot en lui disant: Une fois Frédé parti, une carriole s’arrêta devant la maison et deux hommes en descendirent et vinrent frapper à la porte. Chiens, chats, ou bourriquets, Voilà ce qu’ils disaient au grand Sot, en le tirant par la manche vers la carriole. A l’intérieur de la carriole, dans la pénombre, le grand Sot distingua une multitude d’yeux qui le fixaient, apeurés. Au moins 20 animaux étaient entassés là, attachés par des cordes ou enfermés dans des cages. Les deux hommes allèrent à l’étable, creusèrent et mirent la main sur les belles pièces d’or, qu’ils s’empressèrent d’empocher. Et abandonnant là les animaux et leur carriole, ils prirent aussitôt la fuite. Le grand Sot y monta, ouvrit les portes des cages et détacha les cordes. Tous les animaux sortirent et se cherchèrent un endroit dans la cour pour se coucher au soleil. A son retour à la maison, Frédé vit tout ce petit monde et il demanda aussitôt: Frédé resta un moment dans ses pensées, réfléchissant en silence. Après quoi, il dit: Au bout d’un moment, il rejoint quand même Frédé, qui s’est arrêté pour se reposer. Le grand Sot retourna donc vers la maison, qu’il trouva comme ils l’avaient laissée. Il verrouilla soigneusement la porte du haut, après quoi il enleva la porte du bas, la prit sur son dos et reprit sa route, en prenant tout son temps: «Plus j’irai lentement», se disait-il, «et mieux Frédé se reposera». Lorsque enfin il le rejoignit, il dit à son frère: Ils reprennent leur route et entrent dans la forêt, mais le soir tombe sans qu’ils aient
trouvé les deux hommes. Frédé se mit aussitôt à réfléchir à la meilleure façon de récupérer l’or, sans toutefois se mettre en danger. Pendant ce temps, le
grand Sot, qui porte toujours la porte sur son dos, pense qu’elle pèse vraiment trop lourd: «Vite», s’écrie Frédé, «prenons notre or et rentrons chez nous au plus vite». Et le grand Sot alla rejoindre les deux hommes, qui le prirent avec eux sans hésiter, car, pensaient-ils, il devait connaître les lieux et les bonnes occasions. Le grand Sot part devant eux et ils le suivent. Il va de maison en maison en criant: Or à ce moment, ils entendent un roulement de tambour: c’est un messager, qui annonce l’arrivée du roi: Oyez, oyez, bonnes gens, Courez vous habiller, «Quelle aubaine, quelle aubaine», s’écrient les deux hommes, «c’est le moment où jamais de s’en mettre plein les poches!» Et entraînant avec eux le grand Sot, ils s’en vont dans la forêt, pour tendre une embuscade au carrosse royal. Il fut convenu que lorsque que le carrosse arriverait, le grand Sot aussitôt se jetterait devant, l’obligeant ainsi à s’arrêter. Les deux compères accourraient alors, pour lui prêter main forte. Aussitôt dit, aussitôt fait, et dans le carrosse, on trouve un plein coffret de pièces d’or. «De l’or, de l’or» crient les deux compères, «une montagne d’or! Ne restons pas ici, pressons, pressons le pas, pour le mettre à l’abri!» Mais pendant qu’ils s’exclament ainsi, le grand Sot, lui, fait sortir le roi, échange avec lui ses vêtements, et prend sa place dans le carrosse. «En route», dit le grand Sot. Et le voilà parti, à travers monts et vallées, jusqu’à un magnifique château, flanqué de tours, où le carrosse s’arrête: Acclamé par la foule, le grand Sot, déguisé en roi, pénètre dans le vestibule du château, sous les grands lustres étincelants. Sous ses pieds des courtisans déroulent un épais tapis, où
il enfonce à chaque pas, et de chaque côté se tiennent des soldats, aussi raides que des piquets. «Mais vous n’y pensez pas, votre majesté, vous n’y pensez pas! Des paysans au château, à la même table que le roi, cela ne se fait pas!» A contre cœur, les courtisans ouvrent les portes, et la grande salle est bientôt pleine de monde, tellement pleine que la plus petite des souris n’y pourrait plus passer, et pourtant, au dehors, ils sont encore nombreux à devoir entrer. Alors le grand Sot fait ouvrir toutes les portes du château, et dresser des tables dans chacune des pièces, jusque dans le jardin. «Majesté», déclarent les courtisans mécontents, «nous vous avons servi fidèlement depuis bien des années, mais dans ces conditions, nous ne pouvons rester. Avec votre permission, nous allons nous retirer».
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