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La
fillette et le loup |
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Un jour sa mère, ayant cuit des galettes, lui dit: «Vas donc porter ces galettes à ta Mère-grand, et prendre de ses nouvelles». Voilà la petite fille partie, un panier sous le bras. Elle marchait depuis un moment déjà, quand elle rencontra le loup, qui déboula sur le sentier qu’elle suivait. De surprise, elle fit un bond en arrière: ne lui avait-on pas dit qu’il est dangereux de s’arrêter à écouter un loup? Hors d’haleine, le loup lui demanda où elle allait. Je vais voir ma grand-mère et lui porter ces galettes, répondit-elle. Est-ce loin? demanda le loup. «Ah, si je pouvais y aller moi aussi! Les chasseurs me traquent sans relâche et je suis épuisé. Ils prétendent que les loups mangent les petits enfants». C’est en effet ce que disaient les gens du village, mais en réalité, depuis qu’elle était née, aucun enfant n’avait jamais été mangé. Que faire? Qui croire? Au loin, des coups de feu éclatèrent. Déjà le loup s’élançait pour
s’enfuir quand elle lui dit: «Prends ce chemin et cours
frapper chez ma grand-mère. Dis-lui que tu viens de ma part et
qu’elle te cache chez elle». Bientôt, le loup fut devant la
porte. Il heurte: toc toc toc. «Qui est-là?» «C’est le loup, je viens de
la part de votre petite fille…» «Le loup!»
s’exclama la grand-mère. Sans aucun doute, il a dévoré ma petite
fille et essaie maintenant d’entrer chez moi, pour me manger à mon
tour. Là-dessus, elle se met au lit avec un gros bâton et lui dit :
«Pousse la porte, car je suis au lit et malade». Quand le loup s’avança pour la
saluer, elle se dressa d’un bond et abattit de toutes ses forces le bâton
sur la tête du loup, qui s’écroula, assommé. Vite, se dit-elle, il
faut sauver ma petite fille! Et s’emparant de grands ciseaux,
elle s’apprêta à tailler le ventre du loup. Toc toc toc, entendit-elle alors,
«c’est votre petite fille qui vous apporte des galettes». Misère, s’écria la grand-mère,
qu’allais-je faire? Déjà la fillette poussait la porte et
s’enquérait du loup, quand elle le vit allongé sur le sol. «Pauvre
loup» s’écria-t-elle, «il me faisait confiance et voilà
comment on le traite!». Au-dehors, les chasseurs
recherchaient toujours le loup et rôdaient maintenant autour de la
maison, le fusil au poing. Ils heurtèrent: toc toc toc. Viens, dit la fillette, nous allons
soulever le loup, le coucher dans ton lit et le coiffer de ton bonnet de
nuit. Toi, cache-toi dans le bahut. Moi, j’irai ouvrir la porte. «Bonjour, fillette» dis le chasseur, «où est ta grand-mère?» «Elle est au lit et souffrante», répondit la petite fille. - Comme elle a de grandes jambes, ta
grand-mère! «Peste», dit le chasseur, «on croirait voir un loup!» «Les apparences sont parfois bien trompeuses» pensa-t-il en refermant la porte. «Qui aurait pu imaginer qu’un être humain ressemble tant à un animal?» «Et qui aurait pu croire», ajouta la fillette, «qu’un animal fut à ce point humain?»
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