Rends-moi ma jambe |
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Et tout au long du dîner, tandis qu’ils mastiquaient la viande, rompaient les os et suçaient la moelle, le veau ne cessa de crier: Le lendemain, la même scène se reproduisit, à ceci près que ce ne fut plus un veau, mais un lapin qui vint, et le surlendemain, une poule, tous deux livides et gluants de sang. Bouleversé, l’enfant finit par interroger son père sur ces pauvres animaux, qui s’en venaient chaque jour, mutilés et meurtris, réclamer à grands cris leurs membres amputés. Le jour suivant, lorsqu’un cochon blême et sanguinolent pénétra dans la cuisine, l’enfant le désigna à son père, qui regarda bien, mais ne put le voir, pas plus d’ailleurs que la mère. Pourtant, chaque fois que l’on soulevait le couvercle de la marmite où avait cuit la viande, et puis à chaque bouchée, l’enfant entendait la voix suppliante du cochon qui disait: Alors l’enfant se leva et sur la pointe des pieds, marcha jusqu’au fourneau où se tenait le cochon. Sur ces mots de son fils, la mère tout à coup le reconnut: Ayant cessé depuis ce jour de manger de la viande, ils ne virent plus jamais personne revenir.
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