Etrangers sur la terre,
Nous marchons, solitaires,
Prisonniers de chimères,
De visions éphémères.
Des monts de la Lozère,
Où nos pas nous menèrent,
Au fond du Finistère,
Jusqu’à cette chaumière,
Nous avons fui la guerre,
Et ses combats amers.
Mais là-bas, l’adversaire,
Aussi prompt que l’éclair,
Retenait sa colère.
Au plus fort de l’hiver,
Au bord de la rivière,
Aux aguets, il prospère.
Nos yeux se sont ouverts,
Sa haine mortifère,
Gangrène notre chair,
Lépreuse nos paupières.
Sur ce chemin précaire,
Nous marchons, sans repère,
Un rien nous désespère,
Nous brûlons en enfer.
Oui, nous avons souffert.
Des brutes sanguinaires,
Qui verra le cancer ?
En dupes, on les vénère.

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